19470606 Donald Van der Meulen aan Matthijs Vermeulen

Donald Van der Meulen

aan

Matthijs Vermeulen

Wenen, 6 juni 1947

Vienne le 6 Juin 1947

Date mémorable entre toutes!

Cher Miaw!

Il y a trois ans nous frémissions dans la Bicoque. Le soleil sur la terrasse, le radio de Londres, 10 fois la même chose entendue, pour un détail en plus! Où est ce temps héroïque? A propos as-tu des nouvelles de Frederich?

J'ai bien reçu ta lettre du 27 mai qui m'a fait beaucoup de bien. Je puise dans tes quelques pages crayonnées plus peut-être que tu ne peux le soupçonner et qui me serait bien difficile de te confier, ce que j'en tire étant une sorte d'essence trop subtile, et que je connais depuis longtemps d'ailleurs, pour la définir exactement. Plus tard certainement la parole exprimera le souvenir –

Je suis heureux que l'annonce de la venue d'un prochain héritier t'ait fait rire. Tes encouragements à ce sujet me sont d'un grand soutien. Je crois aussi que ce sera un petit phénomène! Nous te remercions tous deux de tes bons vœux et attendons de faire mieux.

Autre nouvelle Anny de retour du Tyrol, où elle a passé deux mois dans la cambrousse ce qui explique que tu n'as pas reçu de lettre d'elle, est de nouveau sous mon toit. Sa santé est bien meilleure. Elle est beaucoup plus forte et plus énergique. Rends-toi compte elle va dans le Wiener Wald presque tous les jours au lieu de rester dormir! Ce que raconte Lia est malheureusement exact mais on doit le raconter avec l'air à la fois candide et convaincu de Titine lorsqu'elle me l'a raconté! Bizarre sur toutes les lignes. Heureusement que je la vois peu sans cela je deviendrais fou!

Pour elle nous avons bien reçu il y a deux semaines un paquet de la C.R. de Hollande avec de la farine, des haricots, de la semoule – Merci beaucoup de la part d'Anny. Je crois que ce n'est plus nécessaire d'en envoyer un deuxième la nourriture estivale est meilleure de même que l'argent. Le schilling est tombé tellement ces derniers temps qu'il vaut mieux garder tes valeurs chez toi. La perte est trop grande. Je t'avais dit qu'au prochain courrier je te donnerais les résultats de la voiture moderne. Il s'en faut de quelques jours. La chose est toujours à l'atelier, à la suite de plusieurs surprises (du passage de la théorie à la pratique!) mais les écarts ne sont pas du tout si grands qu'un technicien averti aurait pu me le dire, ce qui m'étonne un peu aussi! Ce sera donc pour le prochain courrier. Ta belle fille n'a pas encore osé t'écrire. Je vais mettre fin à ce scandale. Pour l'instant elle t'envoie de bons baisers et te remercie des bons vœux.

Cher Thys et chère Théa je vous quitte en vous embrassant bien fort et pense bien souvent à vous.

votre Donald

Qui va manger les cerises demain?

Verblijfplaats: Amsterdam, Bijzondere Collecties UvA