19461115 Donald Van der Meulen aan Matthijs Vermeulen en Thea Vermeulen-Diepenbrock

Donald Van der Meulen

aan

Matthijs Vermeulen en Thea Vermeulen-Diepenbrock

Wenen, 15 november 1946

Vienne le 15-11-46.

Cher Thys,

Quelle joie ce matin de recevoir une lettre de toi. Enfin je sais que mon Père vit. Ne prends pas cela pour de la déclamation c'est parfois très pesant cet isolement de toi. Au plus beau d'une communion avec toi et le Créateur (mille fois respecté honoré intérieurement) de l'Héroïque, je me demande avec angoisse "pourquoi mon Père ne m'écrit-il pas. Enfin tu le sais, tes raisons sont trop majeures et tu es pardonné avant même d'avoir lu cette bonne missive.

Quelle bonne nouvelle que ton livre est terminé! Bravo! tu dois être soulagé maintenant. Quel dommage que je n'ai su plus tôt la radiodiffusion du "Balcon", j'aimerais tellement l'entendre. Ta lettre m'est parvenu aujourd'hui c.a.d. 9 jours après sa rédaction que c'est long! pour te prouver mon impatience d'avoir quelque chose de toi regarde un peu le temps que mettra celle-ci.

J'ai beaucoup pensé à notre Bicoque en ces jours d'anniversaire et commémoration. Aux environs du 2 novembre j'ai beaucoup rêvé de Josquin en particulier et de toute la famille. Aussi de toi. Assez comique. Je devais visiter le Général (de chez nous) et après quelques secondes d'entretiens il se changeait en un bon Miaw avec une bonne barbe de deux jours, que je voyais de si près comme au bon temps où je pouvais te serrer dans mes bras.

Aux jour des morts je suis allé honorer une tombe en pensant beaucoup à Fofo et à Josquin. C'était celle du père de Gertrude. Il n'y avait plus de couronnes dans la ville. J'ai trouvé tout de même quelques branches de sapin et des fleurs rouges avec quoi j'ai confectionné une belle gerbe que nous sommes allés porter loin, loin, dans la campagne par un jour plus triste que le cimetière où nous nous rendions. C'était beau.

Gertrude est loin de pouvoir t'écrire sa première lettre en français. Elle t'envoie pourtant sincèrement ses meilleures pensées et de bons baisers. Elle fait beaucoup de progrès dans tous les domaines.

Chère Théa, je vous envoie un gentil bonjour de Vienne qui se rebâtit et que vous pourrez revoir bientôt aussi belle que [vous] l'avez connue autrefois; avec de bons baisers.

Cher Miaw, je t'embrasse bien fort et espère bien un jour faire une balade avec toi dans Amsterdam. Bientôt! Qui sait? Avec beaucoup d'affection

ton Donald.

Verblijfplaats: Amsterdam, Bijzondere Collecties UvA